La Gazette

des Comores

Géostratégie sous les cocotiers : le maillon faible

Géostratégie sous les cocotiers : le maillon faible © : HZK-LGDC

Les habitants et le microcosme politique des iles de la lune ne savent plus à quel saint (cheikh) se vouer dans les débats qui se mènent pour en faire de l’ile de Maoré une base arrière autour de l’énorme projet gazier du Mozambique et les expulsions à tour de bras qui se déroulent à ciel ouvert en pleine crise sanitaire et opérées par les autorités gauloises dans un silence assourdissant des nos autorités nationales.


Nous avons rappelé une fois que la pointe de Nioumachouoi (Mohéli) est à 350 km de la ville de Pemba dans la province de Cabo Delgado au Mozambique voisin, région riche en gaz naturel dont l’exploitation génère beaucoup de tensions politiques et sociales. Selon les dires d’un diplomate gaulois dans un site spécialisé : « Madagascar, les Comores et Maurice sont redevenus une priorité de notre politique africaine. Cette région est au cœur de nombreux enjeux géostratégiques. »

 

En effet, il est rappelé que la France lorgne particulièrement sur les ressources pétrolières et gazières offshore. Total vient de racheter les actifs d’Anadarko au Mozambique et est en passe de le faire en Afrique du Sud. Avec une participation de 26,5%, la multinationale française est désormais le principal opérateur de gaz naturel liquéfié (GNL) au Mozambique, un pays qui dispose de gigantesques réserves de cet hydrocarbure.

 

Pour notre pays, il n’est plus à cacher que ces ressources existent aussi dans nos eaux territoriales et pourraient même se trouver sous nos frontières maritimes avec le Mozambique. Le gouvernement a-t-il analysé cette situation vis-à-vis de ce projet et est-il conscient des effets collatéraux potentiels ?

 

Nous l’écrivons souvent, les iles de la lune même si elles se prennent de temps en temps comme étant le centre du monde, ont toujours été à la remorque d’intérêts qui les dépassent. L’ancienne puissance tutrice comme aimait à l’appeler le Mongozi, a toujours su manœuvrer pour mettre ses pions là où il faut. Il faut aussi le reconnaitre, nous avons été toujours avares d’initiatives hardies. N’oublions pas que dans cette histoire de pétrole notre positionnement géographique devrait nous amener à avoir les cartes en mains pour éviter de nous trouver en porte à faux avec les grands voisins de la région. En effet, nous sommes considérés, à tort ou à raison, comme étant le maillon faible dans la zone.

 

Pour en revenir à la géostratégie, il faut comprendre que nos iles sont au centre d’enjeux qui les dépassent dans la mesure où le monde actuel est constitué de blocs dont on a le plus grand mal à définir les contours. Le problème est quand on examine les comportements de notre classe politique, on est abasourdi, tant par les déclarations contradictoires qu’elle tient, que par des comportements qui frôlent l’indécence, dans les alliances de hasard et autres regroupements.

 

En définitive, on en arrive à se demander si ce n’est pas la rue et les réseaux sociaux, qui dirigent les faits et gestes du microcosme, dans la mesure où on a du mal à comprendre l’irrationalité qui guide nos grands hommes. Aussi tout cela demande de renouveler la manière dont nous concevons la politique. En renouvelant notre façon d’aborder les problèmes, cela nous amènera inéluctablement à soulever toutes sortes de questionnements sur cette fuite en avant qui ne dit pas son nom.

 

Mmagaza


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