La Gazette

des Comores

La Chambre et son histoire

La Chambre et son histoire © : HZK-LGDC

A l’occasion des élections en cours à la Chambre de commerce, La Gazette des Comores revient sur l’histoire de cette institution née bien avant l’indépendance et qui a longtemps été sous l’autorité directe du gouvernement avant son autonomisation en 1992.


Depuis sa création en 1948, la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture (CCIA) est dirigée par 22 présidents. L’institution crée sous l’ère coloniale a connu différentes évolutions du statut juridique et selon un ordre chronologique bien établi. Tout a commencé le 24 novembre 1948, lorsque l’administration coloniale créa par le décret N°48-1003 et conformément à la Loi française régissant les territoires français de l’Outre-Mer la CCIA qui devient jusqu’ici l’UCCIA (Union des Chambres de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture).

 

Un décret modifié d’abord en 1955 puis en 1959. En avril 1976, soit à peine un an après l’ascension des Comores à l’indépendance le 6 juillet 1975, les activités de la structure sont mises à l’arrêt par le régime révolutionnaire d’Ali Soilihi et en lieu et place, un Office du commerce. L’institution a toujours été rattachée au pouvoir public. En Octobre 1978 alors que le régime révolutionnaire est renversé et le retour du président Ahmed Abdallah Abderemane à la tête du pays, celui-ci publie l’ordonnance N°78-01/DP portant réhabilitation de l’ancienne CCIA.

 

C’est à Salim Ben Ali qu’est confiée la présidence. En octobre 1981, le même président Abdallah institue par le décret N°81-063 une période transitoire de fonctionnement. Un décret qui sera modifié trois ans plus tard. En juin 1984, la première loi (N°84-010/PR), depuis l’accession de l’archipel à l’indépendance, portant statuts de la CCIA a été adoptée. Cette dernière sera modifiée en octobre 1986 par la Loi N°86-009/AF qui institue pour la première fois les entités régionales que sont les CCIA pour les îles et l’UCCIA au niveau national. Treize mois plus tard, soit en décembre 1987 la loi N°87-029/AF abrogeant et remplaçant la précédente est adoptée.

 

Vers 1992, des nouvelles réformes sont adoptées lors d’une assemblée de l’UCCIA. Ces reformes suspendent l’application de la loi de 1987. Les nouveaux statuts imposent à l’institution d’affranchir la tutelle pesante de l’Etat. De là, nait une autonomie financière de l’institution et une élection pour tous les membres des instances délibératives lors des élections de 1993 alors que jusqu’à l’adoption de la loi N°86-009/AF du 21 octobre 1986, le gouvernement nommait 1/3 des membres.

 

Pendant la crise séparatiste qui n’allait pas faciliter l’organisation d’élections et au climat d’instabilité au sein de l’institution, Azali Assoumani publie le décret N°006-062/CE du 31 mars 2000 portant Administration Provisoire des CCIA et de l’UCCIA. Un retour vers le passé qui n’aura duré que sept petites années car en septembre 2007, le précédent décret est abrogé par le décret N°07-155/PR. Ali El’Mihidhoir Said Abdallah est nommé par arrêté ministériel administrateur de l’institution avec comme principale mission de « ramener l’institution consulaire  à un fonctionnement normal en organisant l’élection des membres des Assemblées régionales et ceux de l’Assemblée consulaire conformément aux dispositions de la loi 1995 ».

 

La fin du processus de normalisation est actée le 15 février 2008 lorsqu’Ahmed Ali Bazi est élu président de l'UCCIA. Avec les membres de son équipe, ils se sont engagés sur plusieurs chantiers notamment sur la reconstruction de l’institution, l’affirmation de l’autonomie de l’action des Chambres régionales dans le respect d’une dynamique commune, l’amélioration des capacités opérationnelles de l’UCCIA, le fonctionnement du partenariat avec l’Etat, l’approfondissement et la diversification des partenariats extérieurs.

 

Vient en Avril 2012, Fahmy Thabit qui s’est engagé pendant son mandat sur le succès de l’amélioration du climat des affaires par le lancement, à la même année, de la première Cour d’arbitrage des Comores (CACOM). Le successeur de Bazi a amplement contribué à la valorisation du génie créateur et innovateur comorien. Pendant cette présidence, l’archipel a consolidé sa position au sein de la région Océan Indien.

 

Ahmed Bazi revient à la tête de l’UCCIA en 2016 et entérine alors le chantier de son prédécesseur qui est celui de la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes. Il a toutefois mis en place le programme INNOV’LAB, amorcé les travaux de mise en place du premier Centre de gestion agréé des Comores et mis en place en 2017 la coopérative artisanale des Comores. Le statut a été proposé à la constitution de 2001 et révisé par le référendum de 2018, la proposition faite suite à l’adoption en 2014 de la Loi N°14-014/AU relative aux institutions consulaires agricoles, d’élevage et de pêche, promulguée par le décret N°14-114/PR du 8 juillet 2014 qui a rendu caduque la loi de 1995 sans pour autant l’abroger.

 

Le texte reste en cours de signature. Et face à cela, le futur nouveau président de la Chambre aura la lourde tâche de réussir sur cette mission car le dernier processus était contesté à cause de l’application de la Loi de 1995 très décriée par sa caducité.

 

Entre autres missions, la Chambre suscite et stimule la réaction des associations ou groupements professionnels en vue de promouvoir les activités économiques de l’île ; assiste les opérateurs économiques dans leurs demandes de crédits ; aide à l’élaboration de leurs bilans, de leurs comptes d’exploitation et de leurs déclarations fiscales ; assure avec les autorités locales, l’organisation dans l’île, des foires et autres manifestations commerciales, industrielles, artisanales, agricoles et halieutiques…

 

A.O Yazid

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

Commentaires (0)