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Patrimoine immatériel: Watwani Chigoma veut sauver les danses traditionnelles en voie de disparition

Patrimoine immatériel:  Watwani Chigoma veut sauver les danses traditionnelles en voie de disparition © : HZK-LGDC

Le patrimoine immatériel disparaît à petit feu dans l'île d'Anjouan surtout les danses traditionnelles. C'est ce qui est annoncé lors de l'assemblée générale élective de l'association à vocation patrimoniale, tenue à Hombo Mutsamudu et ayant regroupé hommes et femmes. Leur objectif c’est de sauver les danses traditionnelles en voie de disparition.


Le Dawa est une danse traditionnelle qui a connu du succès dans la scène traditionnelle d'antan. Ces derniers temps, cette danse commence à disparaitre. L’association Watwani Chigoma se donne aujourd’hui l’objectif de sauver ces danses en voie de disparition. « Nous voulons immortaliser notre patrimoine immatériel à travers les danses et chants. Le but de notre association est de conserver les anciens chants, contes et danses traditionnels dans l'objectif d'exporter ces talents ailleurs », explique Saiffidine Abdoulatuf, président de l'association.

Les festivités de mariages sont animées par certaines danses traditionnelles comme le Amba Harousi (une dans traditionnelle rythmée de son et des pas de danse). Mais actuellement, une grande majorité de la jeunesse ignore cette danse populaire, qui est organisée par la famille du marié pour inviter sa génération à partager un grand moment de la célébration. Le Chigoma, le Biyaya, le Ntrimba, le Dawa, le Gabousi, le Mangounta pour ne citer que ceux-là restent des noms, ces grands patrimoines importés dans l'île par les esclaves et en grande majorité de l'Afrique de l'est. « Avant, on faisait le Nkandza, une  festivité nuptiale à l'ambiance musulmane avec ses chants et musiques arabes », rappelle-t-il. Cette activité se tient une journée avant les Maoulid (célébration de la naissance du prophète Mahomet), mais Saiffidine Abdoulatuf laisse entendre que beaucoup de jeunes de notre génération ne savent danser ce rythme semblable à la tradition musicale indonésienne et/ou arabe. « C'est une grande richesse qui part sans la moindre stratégie de conservation publique. Nous croyons lancer cette banque immatérielle de toute une richesse en faillite », dit-il.

Pour rappel, le Mangouta est une autre danse traditionnelle que seul le village de Koni Djodjo a pu conserver. Selon des koniens, « c'est lorsqu’un mariage se célèbre qu'on l’organise. Mais aussi quand les récoltes sont bonnes, on le fait pour remercier l’esprit de nos ancêtres agriculteurs. Avant de s'affilier à n'importe quelle organisation culturelle et/ou association qui milite pour le patrimoine, "Woitoini Chigoma" se donne le temps de conscientiser la jeunesse en travaillant en étroite collaboration avec des connaisseurs de cette richesse culturelle. Âgée de 3 ans, l'association a retenu dans son répertoire quatre danses traditionnelles à savoir, "Chigoma, Dawa, Biyaya et Mchogoro".

Nabil Jaffar

 


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