La Gazette

des Comores

Livre : « Murmures d’une mer », quand l’auteur invite au périple

Livre : « Murmures d’une mer », quand l’auteur invite au périple © : HZK-LGDC

L’auteur, Mohamed Badoro Badroudine exprime à travers son recueil « le moi de [ses] émois. Pour celui dont ces poèmes constituent « une voie et une voix », il prend position mais invite tous les lecteurs à se questionner, à analyser et à chacun d’apporter son commentaire. Amour, mort et fuite sont les thèmes abordés dans ces textes qui mêlent images et style d’écriture engagé.


« Murmures d’une mer », le recueil de Mohamed Badoro Badroudine ne semble pas être un chant de poème et/ou d’amour. L’auteur, qui est à sa première publication, invite ses lecteurs à « un périple », comme le décrit l’écrivain et anthropologue, Dr Wadjih Abderemane dans la préface. Pour l’auteur, l’écriture de ce premier ouvrage n’est rien d’autre qu’ « un rêve ».  « Murmures d’une mer » est une action émanant de mon moi et de mes émois. C’est en quelque sorte une écriture du chemin supposé parcouru par un peuple mais qui reste encore long, très long à parcourir. Ces murmures représentent une voie et une voix, une prise de position qui mène l’apprenti poète dans une contingence, une mer de périples où la vie et la mort sont au même moment vrai et faux, joies et malheurs », ainsi définit l’auteur ce que ce recueil représente pour lui.

 

Du choix des thèmes abordés, des images, figures de style et forme d’écriture, Badroudine Badoro dit ne pas avoir fait de choix et rassure en quelque sorte que tout dans ce recueil n’est pas spontanéité. « J’avais une certaine idée de mon ressenti et de ma visée. Vous dites qu’il y a l’amour, la mort, la fuite, des images et un champ lexical. Je répondrai que c’est de la poésie, du moins je l’aurai souhaité ainsi. Ce sont là les choses simples de la vie mais mises de bout en bout, elles composent une réalité, un constat, une situation pour emboucher, au bout, une parole, un sens, une vérité », explique-t-il.

 

Dans cette œuvre de 110 pages publiée aux éditions Kalamu des Iles, l’auteur ne cherche qu’à exprimer « le beau ». Il définit cette approche en la comparant à l’amour qu’il éprouve pour sa femme. « J’en suis tombé amoureux dans un premier temps puis je l’ai aimée subitement. D’ailleurs, je continue de vivre cet amour. Je sais que je ne saurai jamais exprimer ça, mais j’ai essayé avec quelques mots », ainsi s’exprime-t-il dans un entretien avec La Gazette au cours duquel l’on évoque le recueil. Pour ce jeune poète, « dire la vérité c’est toujours beau », dit-il en citant en exemple « la mort ».

 

Laisser le lecteur se découvrir à travers les mots, les rimes, les pleurs, les loves, les souvenirs, la beauté et la vérité est tout ce qui l’anime. C’est pourquoi, il dit « ne pas penser donner une orientation ni indication encore moins un commentaire de mon texte » car, poursuit-il « il s’agit d’un constat ». « On aurait l’impression que je m’adresse à un étranger que j’invite à faire connaissance avec mon pays mais en fait non. Je pense que l’on n’a pas besoin de nuances, notre cher pays est l’un des plus beaux pays au monde. Et il fait bon d’y vivre. Vous le savez et je le sais. J’ai juste décliné quelques images, positives et négatives. C’est ma façon à moi de le dessiner, de le décrire, de le dire », avance-t-il tout fier et cela en revenant au poème de la page 60.

 

Outre les différents thèmes abordés le long de ce livre, l’auteur, comme tout autre Comorien évoque l’île comorienne de Mayotte administrée illégalement par la France. Il parle de ce bras de mer entre Anjouan et Mayotte devenu le plus grand cimetière marin de la région. Face à cette crise entre des îles sœurs, il s’étale sur des nombreuses pages. Parfois pour dénoncer, parfois pour pleurer la perte de « [ses] iliens », ses frères et ses sœurs s’aventurant non pas par choix mais dans l’espoir d’une probable vie meilleure. En langage littéraire et non diplomatique, le poète laisse encore une fois le soin à tous ceux qui voudraient le comprendre de « faire leur analyse » car précise-t-il, « je m’en tiendrai cependant à mon écriture et vous laisserai l’interpréter comme il vous convient ».

 

« Nous sommes tous partenaires de ces tueries. Par notre silence, notre circonspection, notre inaction, notre attitude de vouloir toujours mettre tout sur le dos d’Allah, Lui qui nous a justement donné les moyens de prendre notre destinée en main. Notre posture face à une situation qui est au-delà du supportable », soutient-il avant de préciser que « c’est à chacun de nous de faire en sorte, en notre âme, lucidité et capacité, qu’une prise de conscience citoyenne s’amorce. Certes les forces vives existent ici et là, c’est aussi une aubaine, un tremplin pour attirer et séduire une jeunesse en perdition parce que non consciente ». 

 

A.O Yazid

 

 


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