La Gazette

des Comores

Décès d’Aboubacar Cheikh Les Comores ont perdu un patriote et grand défenseur de la culture

  •  
  •   admin
Décès d’Aboubacar Cheikh Les Comores ont perdu un patriote et grand défenseur de la culture

De nombreuses personnalités et hommes de culture ont rendu un grand hommage à Aboubacar Cheikh, ingénieur audiovisuel, producteur et réalisateur, qui a œuvré activement pour le développement de la culture, décédé samedi à Paris.


Aboubacar Cheikh est l’un des fondateur du mouvement « Msomo wa Nyumeni » (Culture nouvelle, d’orientation révolutionnaire et patriotique), a participé à la création du CNDRS, a encadré les belles années du CASM et de la chaine MTV, formé des centaines de jeunes dans l’audiovisuel, guidé les premiers pas de nombreuses radios communautaires, participé à l’épanouissement de la musique comorienne à travers Studio 1 et en mettant en place la radio-éducative.

Aboubacar Cheikh est décédé samedi, dans un hôpital parisien. Membre fondateur du mouvement patriotique Msomo Wa Numeni, il est ingénieur audiovisuel, très actif pour le développement culturel de sa ville et de tout le pays.

Le centre national de documentation et de la CNDRS a rendu un homme à un « illustre patriote » via un communiqué. « Aboubacar Cheikh est un de ceux qui ont mis en place les fondations du mouvement patriotique comorien dans le cadre du Msomo wa Nyumeni » et a « participé activement à la grande aventure collective de création du CNDRS » en mettant en place « un département audiovisuel dynamique et créatif dont la qualité des productions est reconnue des professionnels et connue du grand public ». « La grande époque de rayonnement du CNDRS a été faite avec lui. Nous avons perdu un homme de culture talentueux. Que son âme repose en paix », conclut le communiqué du CNDRS.

Dini Nassur, qui a combattu à ses côtés contre les mercenaires, soutient que « pendant la révolution et tout jeune, Aboubacar Cheikh a mis en place le Djumba la Utamaduni, qui deviendra le parent du CNDRS ». Dini Nassur a témoigné de « l’engagement social et révolutionnaire » d’Aboubacar Cheikh dans la lutte contre les mercenaires. « En véritable homme de terrain, il nous guidait au rythme d'une guérilla urbaine jusqu'à ce que, au réveil, les murs de Moroni soient revêtus de graffitis, des affiches et tracts collés pour que l'on murmure les lendemains de la liberté (…) Avec son calme et son rire grave, il jouait admirablement le rôle d'objecteur de conscience et nous l'aimions beaucoup pour ce qu'il était, si gentil et si modeste », s’est rappelé Dini Nassur.

«  Abou savait jouer la médiation pour cultiver beaucoup plus en nous, ce que nous avions en commun, la volonté farouche de libérer notre pays en combattant les mercenaires, le moment où la plupart de nos aînés avaient abdiqué. Comme un vieux paysan attaché à ses terres, Abou a consacré sa vie à la culture parce qu'il avait l'intime conviction qu'il s'agit sûrement de l'âme du pays et ainsi... ton pays t'est reconnaissant, camarade, ce joli nom que tu aimais nous donner!

Aboubacar Cheikh, est l’un des pionniers de la promotion des danses et du chant révolutionnaire comorien. Comme l’a témoigné Sahal Assaf, il a « énormément contribué au développement et à la diffusion radiophonique des programmes éducatifs » et fût « un des grands formateurs des radios communautaires ».

Dans les années 2000, à travers l’Agence comorienne de production (ACP) qu’il a mis en place plusieurs formations pour des caméramans et réalisateurs. Il a initié plusieurs jeunes aux techniques de télévision et de l’audiovisuel et a été l’artisan principal de l’essor de la chaine MTV. « En homme fidèle à ses convictions patriotiques, Abou nous invitait, à nous exprimer à la Radio Éducative qu'il animait où beaucoup d'entre nous ont appris à s'exprimer », se rappelle aussi Dini Nassur.                                                               

L’écrivain et professeur Aboubacar Said Salim a mentionné la « gentillesse et sociabilité » qui l'ont caractérisés adulte. « Abou fut un des pionnier du Msomo wa Nyumeni cette culture nouvelle à la recherche des racines pour mieux comprendre notre société. Il fut aussi un grand animateur culturel à la Radio Educative dont il devint un moment le directeur. On se souviendra également de l'émission à vos livres qu'il animait avec brio en compagnie de Youssouf Moussa. Il y a tellement de bonnes choses à dire sur Papa Nawadi qu'il faudrait presque un livre pour les épuiser », a-t-il écrit dans un message plein d’émotion pour celui qui est resté «un frère de lutte pour la dignité du peuple comorien qu'il aimait et respectait ».

 

Al-hamdi A. Hamdi

 

 

 

Commentaires (0)